PORTRAIT "WHAT SHOT" : DAVID M. CLARKE

LIS : Quel appareil utilises-tu?

DMC : Fujifilm XT2.


LIS : Pour quelles raisons?

DMC : Comme la plupart des gens qui achètent leur premier vrai appareil photo, vous cherchez à savoir ce que les autres utilisent. J’avais adoré son rendu des couleurs et il semblait y avoir un important mouvement dans la street photography avec des utilisateurs de Fuji xt2.


LIS : Qu’est ce qui t’as amené à la photograhie?

DMC : Passer une année à Londres en 2016/2017 m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. C’était ma première expérience de vie dans une grande ville. Je voulais être sûr de pouvoir ramener de superbes souvenirs. Cela m’a aidé à combler le vide créatif laissé par la guitare que je pratiquais chez moi, à Melbourne.


LIS : Pourquoi as-tu choisi la Street Photography?

DMC : Au départ la street photo ne m’a pas vraiment branché. J’avais juste vu les photos habituelles en  prises de vues larges, noir et blanc, très chargées et pour lesquelles je n’éprouvais pas un grand intérêt à cette époque. C’est pendant mon séjour à Londres qu’un collègue de travail m’a fait découvrir  des artistes classés dans le sous genre «Beaux-Arts». Les sujets, l’intensité des couleurs et la spontanéité m’ont de suite attirés. On peut photographier la rue partout et tout le temps, c’est exceptionnel.

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LIS : Que veux-tu exprimer à travers ton travail?

DMC : Récemment  je me suis plus intéressé aux rues de  banlieue que je fréquente et dans lesquelles j’ai passé une partie de ma vie. Même si les grandes villes sont pleines de gens, de mouvements et de contrastes, je voulais rappeler et montrer comment les personnes normales de mon monde vivent leur quotidien d’australiens.


LIS : Quelle est la photo de toi que tu préfères?

DMC : Je pense que c’est peut être une photo récente : une dame avec des bottes noires et une robe métallique de style accordéon sur un trottoir humide.

David M Clarke Interview


LIS : Quel est l’anecdote la plus cocasse qui t'es arrivée en photographiant?

DMC : Malheureusement la plupart des anecdotes notables sont négatives et impliquent une ou plusieurs personnes en colère que je semble parfois attirer. La plus mémorable est celle avec un bricoleur affublé d’un marteau. Juste après la prise de vue, il m’a poursuivi à pied jusqu’à ce que je me retourne pour me tenir face à lui. Marteau en l’air et poitrine en avant, il m’a tenu tête jusqu’à ce que des témoins nous entourent, mais il a fini par revenir à la raison. Au final, pas de mal,  hormis quelques accélérations cardiaques. C’est désormais quelque chose qui ne me touche plus car j’essaye de me mettre à leur place. Les australiens sont les gens les moins réceptifs qu’il m’ait été donné de photographier.


LIS : Qui est ton photographe préféré et pourquoi?

DMC : Je pense que c’est William Eggleston, sans surprise. Il m’a beaucoup influencé. Son travail est évidemment très inspirant et je l’ai découvert au moment où il fallait. J’ai récemment pu voir son travail à la National Portrait Gallery à Londres. Au commencement, j’avais un appareil assez basique, je n’étais pas sûr de ce que je voulais shooter et j’ai ensuite vu son travail. Les couleurs, les ombres, le minimalisme et les natures mortes m’ont intrigué dès le départ. C’est pourquoi il continue aujourd’hui d’être une source d’inspiration.

David Clarke portrait what shot 3
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LIS : D’autre part, y’a t-il un photographe que tout le monde aime sauf toi?

DMC : Si je dois en citer un ce serait Bruce Gilden. Je suis plus fasciné par son approche et sa technique que par son travail. C’est sympa à regarder mais ses photos ne m’excitent pas. Est-ce que je viens juste d’échouer à une question piège en mentionnant quelqu’un ?


LIS : Quel grand projet photographique aimerais-tu réaliser un jour?

Aucune idée. Je ne suis pas sûr de là où la street photo va me mener et dans quelle direction. Mais en tous cas, c’est ce qui m’inspire le plus. Les images de la banlieue de Melbourne que j’essaye de prendre aujourd’hui sont les premières avec lesquelles j’envisage de faire une longue série, que j’espère pouvoir construire durablement et maintenir. Nous verrons comment elle sera reçue par le public.


Profil de David M. Clarke

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